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QUALITE COMPTABLE
Quelles actions pour une commune rurale ?
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Le réseau du Trésor public est mobilisé,
depuis deux ans, sur l’amélioration de la qualité
des comptes locaux. Mais que signifie le concept de "qualité
comptable" quand la collectivité concernée
a moins de 500 habitants ? Etat des lieux des actions entreprises
conjointement par l’ordonnateur et par le comptable d’une
petite commune de Lozère.
Qui reprocherait à un élu d’avoir son "dada"
? Pour celui-ci, c’est la culture, pour celui-là
le sport pour tous. En ce qui concerne le maire de Fournels (336
hab., Lozère), sa marotte est sans doute plus rare : en
matière de gestion communale, sa préoccupation première
est la qualité des comptes locaux. "Je veux présenter
aux citoyens des comptes irréprochables ; c’est une
question d’éthique politique", résume
simplement Pierre Morel-A-L’Huissier, député-maire
de Fournels.
Pareille affirmation ne pouvait laisser insensible le trésorier-payeur
général (TPG) de Lozère qui, comme l’ensemble
de ses collègues de France, mobilise son réseau
de comptables pour tenir l’engagement pris par la direction
générale des Finances publiques (1)
d’améliorer significativement, sur la période
2006-2008, la qualité des comptes locaux (voir notre Lettre
d’information du 3 juillet 2006). Pas question, en effet,
de réserver les efforts aux plus grandes collectivités.
"Les règles et les principes comptables sont les
mêmes quels que soient la taille et le type de collectivité,
explique Didier Lallemand, TPG de Lozère. Une commune
de moins de 500 habitants se doit d’appliquer les principes
généraux du droit comptable, selon lesquels les
comptes doivent être réguliers, sincères et
donner une image fidèle du patrimoine, de la situation
financière et du résultat".
La poursuite d’un tel objectif suppose, bien évidemment,
un travail conjoint de l’ordonnateur et du comptable. La
commune et le Trésor public ont choisi de formaliser leurs
engagements respectifs au sein d’une "convention de
partenariat" signée le 4 décembre 2006 –
c’était une première pour une commune d’aussi
petite taille – et détaillant les actions prioritaires
à mettre en œuvre (voir le
détail des actions).
Ni le maire, avocat spécialisé en droit des collectivités
publiques, ni le TPG ne sous-estimaient, à l’époque,
la difficulté du passage à l’acte. Pour une
petite commune rurale, souligne Didier Lallemand, "quelques
éléments lourds, grosse immobilisation ou emprunt,
par exemple, peuvent grever rapidement les marges de manœuvre.
En outre, la compétence technique du personnel de mairie
est très inégale d’une collectivité
à l’autre." Face au défi lancé
et au surcroît de travail annoncé, la secrétaire
de mairie de Fournels et le trésorier municipal ont d’abord
rencontré certaines difficultés pratiques, avant
de se laisser prendre au jeu de la qualité et d’un
dialogue renouvelé.
Le premier travail, réalisé au printemps 2007,
a été d’élaborer un diagnostic partagé
sur la qualité des comptes, en examinant non seulement
le budget principal de la commune, mais aussi les budgets annexes
(CCAS, eau et assainissement, lotissement communal, etc.) de 2005,
dernier exercice arrêté à cette date. Un plan
d’actions a été élaboré, à
partir des points forts et points faibles mis en évidence,
et des réunions d’étape ont été
prévues. La première de ces rencontres, en juillet
2007, entre la secrétaire de mairie, le trésorier
et les services de la trésorerie générale,
a débouché sur un bilan d’étape des
actions entreprises, avec un recentrage sur quelques opérations
bien ciblées.
La priorité, pour la commune, est de passer les écritures
le plus tôt possible, en transmettant l’information
au comptable dès qu’elle est disponible en mairie.
Rien ne change fondamentalement dans les principes, relate Bernadette
Noal, secrétaire de mairie de Fournels, mais "la
nouveauté réside dans la rapidité d’action,
la rigueur comptable et l’anticipation des opérations
et des difficultés". Les contacts ordonnateur-comptable
sont facilités, et les services se sont rapprochés.
L’objectif sous-jacent de la convention est d’atteindre
une qualité comptable rendant la certification des comptes
communaux envisageable, même si, à l’heure
actuelle, les conditions d’une éventuelle certification
des comptes locaux n’ont pas été précisées
à l’échelon national. "La qualité
doit être au rendez-vous et la certification doit être
possible, estime Pierre Morel-A-L’Huissier. J’attends
pour cela du Trésor public des contrôles pointus
des dépenses."
Le maire de Fournels est également preneur d’ingénierie
financière et d’analyse prospective pour faciliter
la prise de décision. "J’ai demandé
au trésorier une analyse sur la dette, l’emprunt
et la fiscalité sur les trois ou quatre années à
venir, afin de déterminer mes marges de manœuvre.
Ceci nous a permis de savoir si la commune pouvait emprunter et
jusqu’à quel niveau", apprécie-t-il.
Une année après la signature de la convention,
le maire et sa secrétaire de mairie partagent le même
point de vue : "la relation avec le comptable, qui est
devenu un interlocuteur permanent, s’est nettement améliorée."
Après les analyses financières rétrospectives
et prospectives, le maire souhaite maintenant aller plus loin,
en demandant à son comptable de s’engager dans la
voie de l’évaluation des actions entreprises. "Une
commune, déclare-t-il, devrait connaître
le coût exact de chaque politique publique, de chaque investissement,
ainsi que les rentrées financières qu’elle
en retire. En bref, savoir si l’action qu’elle a menée
est une bonne action." Vaste programme pour l’avenir
de la convention de partenariat…
(1) Ex-direction générale
de la Comptabilité publique