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ACCES DES P.M.E. A LA COMMANDE PUBLIQUE
La définition des besoins :
une étape cruciale de l’achat public
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Favoriser l'accès des PME innovantes à la commande
publique figure parmi les objectifs de la loi de modernisation
de l'économie actuellement en discussion au Parlement.
L'atelier "PME et commande publique" de l'Observatoire
économique de l'achat public a également inscrit
cette priorité au programme de ses travaux. Il vient ainsi
de publier un guide des bonnes pratiques destiné à
aider, à la fois, l'acheteur public à bien exprimer
ses besoins pour susciter l'offre la plus pertinente possible
et les entreprises, plus particulièrement les PME, de façon
à se voir attribuer un plus grand nombre de marchés
publics. Les conseils de Marc Falize, président de l'Association
des acheteurs des collectivités territoriales et pilote
du groupe de travail qui a rédigé le document.
L'un des objectifs avoués du code des marchés
publics 2006 est de faciliter l'accès des petites et moyennes
entreprises (PME) à la commande publique. Or, relève
Marc Falize, président de l'Association des acheteurs des
collectivités territoriales (AACT), "certaines
pratiques des pouvoirs adjudicateurs excluent, de fait, les PME
des marchés publics, alors même qu'il n'y a aucune
volonté de leur part en ce sens. Cela résulte souvent
d’un défaut d'analyse du besoin." Face
à l’exercice délicat de la bonne définition
des besoins, les collectivités sont en effet plus ou moins
bien armées, selon leur taille et selon l'existence ou
non, en leur sein, d'un service juridique dédié
à la commande publique.
Trois pratiques relativement courantes se révèlent
pénalisantes pour les opérateurs économiques,
et particulièrement pour les plus petits d’entre
eux. La première est l’imprécision des avis
de publicité. L'exemple type est celui des marchés
de restauration collective : il arrive que le nombre de repas
à fournir ne soit pas indiqué. De même, un
volume trop important de documents exigés ou une durée
de marché imprécise "handicape les PME
: découragées dès le départ, elles
ne se portent même pas candidates aux marchés publics",
pointe Marc Falize. Il faut donc "accorder un soin particulier
à la rédaction des marchés, insiste-t-il. L'analyse
du besoin est capitale et conditionne la réussite
de la procédure", en permettant qu’offre
et demande se rencontrent.
Le second élément susceptible de porter préjudice
aux PME est le faible nombre de marchés autorisant les
variantes en sus de la solution de base. Or, autoriser les variantes
permet à des entreprises innovantes de démontrer
leur savoir-faire et d'offrir des solutions alternatives aux acheteurs,
ces derniers pouvant alors bénéficier de nouveaux
procédés et de nouvelles technologies.
Dernier élément, l'élaboration d'études
ou de propositions par les candidats, notamment en cas de dialogue
compétitif, génère un coût pour les
entreprises. "Il est tout à fait normal, insiste
Marc Falize, d'indemniser les entreprises non retenues. Sinon,
le coût des études effectuées est de nature
à les dissuader de répondre à des marchés
publics." En outre, l'absence de contrepartie financière
peut avoir des effets immédiats sur la qualité des
offres reçues et sur le niveau de concurrence.
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Marc Falize
Président de l'Association des acheteurs des collectivités
territoriales
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Le guide réalisé par l'Observatoire économique
de l'achat public pointe également d’autres freins
pouvant nuire à l'efficience de l'achat. Ainsi la "sur-qualité"
et la "sous-qualité". Dans le premier cas, l'acheteur
public manifeste un degré d'exigence supérieur à
son besoin réel, ce qui génère un surcoût
pour la collectivité. Dans le deuxième, le pouvoir
adjudicateur privilégie le prix au détriment des
autres critères, alors que le moins-disant peut se révéler
finalement plus cher. "Laissons les entreprises faire
émerger leur savoir-faire", assure Marc Falize.
Pour ce dernier, une analyse des besoins bien menée doit
déboucher sur des besoins précisément définis
et hiérarchisés, et comprendre la réalisation
d'une étude technico-commerciale du secteur. L’acheteur,
estime Marc Falize, doit avoir "une connaissance technique
minimum du produit qu’il recherche et de son environnement,
et savoir s'il existe une forte ou faible concurrence, voire un
monopole dans le secteur." C’est cela qui va lui
permettre ensuite de choisir la procédure idoine, de définir
le cahier des charges, d’énoncer des critères
de façon satisfaisante et, par conséquent, de choisir
finalement la meilleure entreprise. "Avec un cahier des
charges attractif et une publicité diversifiée,
l’acheteur se donne les moyens de toucher un maximum de
PME, c’est-à-dire de réussir sa consultation",
résume le président de l’AACT.
Pour en savoir plus :
Ministère
de l'Economie - OEAP - Guide de bonnes pratiques "Susciter
une offre pertinente dans les marchés publics" - Aide
à l'expression des besoins
Ministère
de l'Economie - Site dédié au projet de loi de modernisation
de l'économie (voir plus particulièrement l'article
7 du projet de loi initial)