Bercy Colloc, Bercy au service des collectivités locales
N°53 - 30 juillet 2009
 
  A LA UNE



MOYENS DE PAIEMENT

Encaissement des recettes
par prélèvement automatique :
la DGFiP accompagne les collectivités


Comment améliorer le recouvrement des produits locaux tout en modernisant les moyens de paiement mis à la disposition des usagers des services publics locaux ? Le prélèvement automatique est une solution qui permet d’atteindre ces deux objectifs à la fois. Présentation d’un outil clef proposé aux collectivités par la direction générale des Finances publiques (DGFiP).

Cantines scolaires, crèches, centres de loisirs, droits de places, loyers, ports de plaisance, eau et assainissement : les administrés sont quotidiennement amenés à effectuer des règlements auprès des services de leur commune. Pourtant, alors que la majorité de leurs dépenses privées sont réalisées par prélèvement, TIP ou carte bancaire, ils n’ont, pendant longtemps, pu acquitter les factures de la sphère publique que par chèque ou espèces. Face au décalage existant entre les possibilités offertes dans le secteur public local et les habitudes de paiement des usagers, la DGFiP mène depuis quelques années, aux côtés des collectivités, une politique active de développement de l’offre de moyens de paiement alternatifs au chèque. Parmi les instruments privilégiés figure le prélèvement automatique, qui est notamment plébiscité par les familles pour le paiement des activités scolaires et périscolaires.

Quels sont les avantages du prélèvement ?
Présentant un caractère contractuel direct entre le redevable et la collectivité (1), ce dispositif est particulièrement bien adapté au recouvrement des créances à caractère régulier. Pour l’usager, le côté pratique est évident : le prélèvement le libère des tâches matérielles (déplacements ou frais d’affranchissement) et lui procure l’assurance d’un paiement dans les délais, en évitant les oublis générateurs de frais. En outre, sa mise en place est rapide et la résiliation peut être faite à tout moment par un simple courrier. Pour la collectivité, le prélèvement automatique sécurise les paiements et assure des flux financiers à des dates choisies et connues d’avance, ce qui permet d’améliorer la gestion de trésorerie tout en diminuant les impayés de manière significative.

A quels types de recettes le prélèvement est-il adapté ?
Le prélèvement a pour atout d’être le moyen d’encaissement le plus adapté pour la majorité des créances récurrentes d’une collectivité locale, quelle que soit la taille de cette dernière. Il peut concerner les activités scolaires et périscolaires (frais de cantine et de garderie, centres aérés), culturelles (abonnement à l’école de musique) et sportives, la location annuelle d’anneaux de plaisance, les loyers communaux ou encore les services de distribution d’eau. Il permet également d’encaisser les redevances dues par les professionnels en matière d’occupation du domaine public (terrasses de cafés, places de marché) ou de collecte des ordures ménagères.

L’appui fourni par le réseau de la DGFiP
La mise en oeuvre et la réussite du prélèvement à l’échelle de la commune impliquent d’effectuer, en amont, une analyse approfondie du contexte local. Pour cela, les collectivités peuvent s’appuyer sur leur comptable public qui, en collaboration étroite avec le correspondant monétique de la trésorerie générale de leur département (2), les accompagne tout au long de la phase préparatoire : estimation de la population et des prestations concernées, volumétrie, schémas de paiement et politique de facturation, choix d’organisation figurent notamment parmi les éléments à apprécier. Il s’agit, en effet, non seulement de répondre aux attentes des usagers, mais aussi de s’assurer de la viabilité du système proposé, compte tenu du fonctionnement interne des services municipaux. Sur le plan informatique, la gestion du prélèvement et l’édition des factures supposent l’installation d’un logiciel dédié. Pour les collectivités ne disposant pas d’un tel équipement, la DGFiP met gratuitement à leur disposition le logiciel DVP (Dématérialisation des Virements et Prélèvements) : simple à installer et à utiliser, il est adapté aux collectivités de petite taille n’ayant pas à gérer une trop forte volumétrie (jusqu’à 500 prélevés).



Notes :
(1) NDLR -
Les exemples cités concernent des communes. Toutefois, le prélèvement automatique peut être mis en place pour tout type de collectivité ou d’établissement public local : département, région, EPCI, etc.

(2) NDLR -
Ou de la direction départementale des finances publiques pour les départements disposant déjà d'une direction locale unifiée de la DGFiP.




Dématérialisation des moyens de paiement :
la démarche progressive de Vaucresson


Vaucresson (8.500 habitants, Hauts-de-Seine) est, depuis plusieurs années, l’une des villes les plus dynamiques en matière de développement de l’offre de moyens de paiement dématérialisés. Entretien avec Virginie Michel-Paulsen, maire de Vaucresson.

La Lettre d’information BERCY COLLOC.
Pourquoi avoir développé la dématérialisation des moyens de paiement dans votre commune ?
Virginie Michel-Paulsen. Vaucresson est une commune résidentielle dont la population est composée de nombreux cadres et de familles. Pour ces ménages actifs avec enfants, consommateurs réguliers de prestations municipales, le temps est généralement précieux. L’absence de moyens modernes de paiement pour encaisser la cantine ou le centre aéré, par exemple, n’était pas comprise par des personnes habituées à régler la plupart de leurs dépenses quotidiennes par carte bancaire ou par prélèvement. Face à cette attente forte des familles, nous avons donc décidé, dès 2005, de mettre en place le prélèvement automatique pour les règlements effectués auprès des services municipaux dans le domaine scolaire et périscolaire.

La Lettre. Comment les services municipaux se sont-ils organisés pour mettre en place le prélèvement ?
V.M-P. Au-delà de notre volonté d’offrir un mode de paiement plus pratique aux usagers, nous souhaitions également, avec le prélèvement, pouvoir regrouper toutes les prestations consommées par une famille sur une seule et même facture. Pour atteindre cet objectif, nous avons tout d’abord dû mener une réflexion globale sur l’organisation de nos services et sur notre processus de facturation. Puis, sous l’impulsion du directeur général des services et de notre responsable informatique, nous nous sommes efforcés, avec les chefs de services concernés, de mettre en place une même base de données pour tous les services en choisissant des logiciels compatibles entre eux et évolutifs. En liaison avec notre trésorerie, nous avons regroupé toutes les régies existantes (ramassage scolaire, cantine, garderie, centre de loisirs, etc.) en une régie unique qui centralise tous les éléments utiles à la facturation : quotient familial, adresse, responsable de l'enfant, ainsi que les informations concernant la consommation de services dans les différents points de la commune. Auparavant, une même famille pouvait recevoir jusqu’à cinq ou six factures différentes et devait établir autant de chèques. Désormais, chaque usager reçoit une seule facture pour tous les services consommés par l’ensemble des membres de la famille et ne doit plus s’acquitter que d’un seul paiement : c’est à la fois plus simple et plus efficace.

La Lettre. Vous démontrez par l’exemple que la mise en place de moyens modernes de paiement n’est pas réservée aux grandes collectivités. N’est-ce pas tout de même plus compliqué dans une commune de taille réduite ?
V.M-P. Pour une petite ville comme la nôtre, il était impossible de tout réaliser d’un seul coup, compte tenu de nos moyens financiers et humains. C’est pourquoi nous avons décidé de procéder par étapes, dans le cadre d’une stratégie d’investissement informatique étalée sur cinq ans. Le choix des logiciels informatiques nécessaires à la mise en oeuvre du prélèvement est en effet primordial car il détermine ensuite la qualité de la facturation et le fonctionnement du dispositif. A ce titre, le rôle de notre responsable informatique a été déterminant.
La réussite d’un tel projet est également conditionnée par le respect des procédures et l’adhésion des agents : ils doivent d’abord être convaincus eux-mêmes de l’intérêt de la démarche pour être, à leur tour, en mesure d’inciter la population à s’y engager. Nous avons utilisé quatre vecteurs de communication différents, avant, pendant et après le lancement du dispositif, pour promouvoir le prélèvement auprès de la population : dans le bulletin municipal, sur le site Internet de la ville, par l’envoi de lettres personnalisées et par l’apposition d’une mention directement sur les factures. Pour nous aider au cours de ces différentes étapes, nous avons travaillé de concert avec les services de la trésorerie de Saint-Cloud : cette collaboration a été précieuse car notre comptable connaît bien nos besoins et nous avons l’habitude de régler les problèmes ensemble.

La Lettre. Quel bilan tirez-vous de votre expérience ?
V.M-P. Le bilan est positif pour tout le monde. Pour les familles, le prélèvement simplifie les démarches quotidiennes et permet d’organiser son budget grâce au prélèvement à des dates précises. Notre taux d’adhésion remarquable, 45% au premier semestre 2009, est la preuve de ce succès. Sur le plan interne, cela représente un gain de temps incroyable pour les services et valorise le travail des agents en supprimant les tâches répétitives et les risques d'erreurs. De plus, alors que nous comptions 50% d’impayés en 2001, essentiellement dus à l’oubli ou à la négligence, nous en avons moins de 5% aujourd’hui. Le souci du développement durable constitue également un argument en faveur de la mise en place de ce type de moyen de paiement dématérialisé : cela contribue à utiliser moins de papier. Ce sont, certes, de petits détails mais qui sont très significatifs pour la population. Notre prochaine étape va d’ailleurs être de dématérialiser les factures afin de tendre vers le "zéro papier".
Nous appliquons en outre le principe de complémentarité. En effet, il est, à mon sens, important que nos administrés aient le plus large choix possible de modes de paiement. Nous avons ainsi décidé, en octobre dernier, de proposer le règlement par carte bancaire sur place. Et depuis le début de l’année, nous offrons également la possibilité de payer les prestations scolaires et périscolaires par Internet, via notre portail famille, dans le cadre d’une démarche globale visant à proposer un maximum de services en ligne. La dématérialisation et les nouvelles technologies sont en effet dans l’air du temps et les collectivités doivent suivre le mouvement. C’est l’avenir.


Crédit photo :
Portrait de Virginie Michel-Paulsen : © Ville de Vaucresson






L’utilisation du prélèvement
pour le règlement
de certaines dépenses publiques


Si le prélèvement est un outil idéal pour encaisser les recettes locales, les collectivités ont également la possibilité de l’utiliser pour le règlement de certaines de leurs dépenses.

Le prélèvement automatique sur compte bancaire ne figure pas parmi les modes de règlement des dépenses publiques prévus par la réglementation en vigueur.

Toutefois, le recours de plus en plus privilégié au prélèvement par les grands facturiers (électricité, téléphone, etc.) et la multiplication des biens et services payables uniquement par ce moyen imposé aux clients publics ont conduit la DGFiP à engager une expérimentation de ce mode de règlement pour certaines dépenses récurrentes des collectivités locales. Dans le prolongement de cette phase expérimentale, et dans l'attente de l'adaptation des textes concernés, le dispositif a été reconduit et simplifié depuis le début de l'année 2009.

Paiements et abonnements relatifs à la distribution et à la fourniture d’énergie (électricité, gaz, eau), frais de télécommunications, achats de carburant, péages autoroutiers, location de matériel (imprimantes, terminaux de paiement électronique, photocopieurs, etc.), loyers immobiliers, frais d’affranchissement ou de maintenance, taxes et cotisations : ce mode de paiement peut être mis en place pour divers types de dépenses et permet de se dégager des formalités répétitives.

La mise en place du prélèvement automatique s’effectue soit sur le compte Banque de France du comptable public, soit sur le compte de dépôt de fonds au Trésor de la régie d’avances de la collectivité.

Les collectivités locales intéressées doivent, au préalable, s’adresser à leur comptable afin d’examiner avec lui la pertinence du recours à ce mode de paiement et les conditions de sa mise en oeuvre (mandat global, regroupement de factures, identification précise des opérations, etc.). Le comptable de la DGFiP pourra également leur fournir un modèle de convention tripartite nécessaire à la mise en place du dispositif. Par mesure de simplification, l'autorisation de signer ces conventions est déconcentrée au niveau des trésoreries générales ou des directions départementales des finances publiques depuis le début de l'année 2009.


 
Directeur de la publication : Pierre-Emmanuel Richard
Rédactrice en chef : Bénédicte Boyer
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